L'Homme tourmenté est un roman que j'ai pondu dans des conditions extrêmes, lorsque les choses vacillent entre deux mondes, le notre et celui de ceux qui ne sont plus. C'est ce moment auquel aucun ne doit être confronté. Ce sont des instants où le sol se dérobe sous tes pieds et te laisse seul face au vide sidéral. Ta chute se présente et tend ses bras pour ta déperdition. Impuissant, mais toujours alerte, tu te débats pour enrayer la chute. Tout à coup, dans ce moment où s'effritent les certitudes et où le doute t'entrave et te livre pieds et poings liés à un destin que tu refuses, surgit au fin de toi-même une énergie dont tu ignores jusque-là l'existence pour te secouer. Des voix, probablement, celles des ancêtres qui ont toujours veillé sur toi te claironnent à l'oreille: "Et ta dignité !" Tu laisses alors cette énergie s'emparer de toi et réparer ce qui doit l'être. Il ne faut surtout pas abandonner ce beau projet. C'est le projet d'une vie qui devait aboutir. Je devais faire abstraction des malheurs qui me lacéraient l'âme et qui broyaient une vie de sacrifices pour les siens, mais surtout pour les petits et les sans-grades partout dans ce monde injuste et féroce. Il fallait que l'amour de Dija et Amokrane triomphe de ces êtres hideux sortis des ténèbres pour précipiter le pays dans l'abîme auquel j'ai échappé moi-même de justesse. Non seulement, j'ai mené le projet à son terme, mais j'ai pu me réconcilier et réconcilier d'autres avec cette patrie qui nous a tant donné, mais à qui nous avons injustement tourné le dos. L'Homme tourmenté est la victoire de la vie et de l'amour. Aujourd'hui, publié par une maison d'édition canadienne, ce roman me rend si fier de moi, tout en pensant à mes parents. À ma mère Nouara qui m'a réveillé chaque matin toutes mes années de collège et lycée. À mon oncle Moussa qui a veillé à ce que j'ai la meilleure des scolarités et évidemment à ma grand-mère paternelle qui a toujours été un repère dans ma vie et aux autres membres de la famille qui m'ont entouré de leur tendresse et de leur bienveillance. Ceux qui l'ont lu ont souligné la qualité de l'œuvre. Ce livre mérite d'être connu.
Bonjour, Mohamed. J’espère que tu vas bien. Je passais par là pour avoir de tes nouvelles et te souhaiter toute la joie possible de te réaliser autrement que tu ne l’as fait jusqu’à présent : prendre la vie d’écrire, de te reproduire toujours en mieux, malgré toutes les difficultés qui te côtoient en permanence. Ecrire dans ce double monde de capitalisme et de maladie est ta manière extraordinaire de guérir des deux. Ta resiliance batailleuse est un exemple pour nous tous, tes camarades de lutte et d’espoir humains. Bon courage.